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 Sujet du message: L'ancien journal de marche ...
MessagePosté: 16 Déc 2008, 11:47 
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Décollage de Tagino à 12h00 pour une mission de repérage et de destruction d'unités au sol. Nous prenons un cap Nord, en suivant la rivière menant à Orel, altitude 2000m, juste au dessus des nuages au cas ou (avec nos bombes nous sommes lents et peu manoeuvrants).
En I13 à 2km au SE de la base ennemie, sur la route orientée N/S nous repérons un convoi. Aprés s'être calés sur un angle propice, nous entamons la descente pour une passe unique.
Altitude 30 mètre à plus de 550km/h ... le paysage défile à toute vitesse. Le moteur hurle, la DCA fuse autour de moi, mes mains deviennent moitent, mon coeur bas à la vitesse des explosions qui nous entourent.
Inconsciemment je me recroqueville, resserant les coudes le long de mon corps, remontant les pieds sur le palonnier. Je m'approche au maximum du collimateur pour réduire mon champ de vision sur cet enfer qui m'entoure. Mon corps tout entier est contracté à l'extreme, comme pour ne faire qu'un avec mon avion.
J'ai chaud, trop chaud. Chaque seconde qui passe peut être ma dernière.
Je chasse cette idée de ma tête en me concentrant sur ce point noir qui grossit au milieu de mon collimateur.
Le convoi semble se précipiter sur moi tel un cavalier en pleine charge, pourtant, j'ai l'impression de vivre cet instant au ralenti.
Au moment ou j'aperçois les bouches à feu des premiers véhicules de DCA en début de convoi, j'appuie sur le bouton de larguage de mes bombes. Je dois être à 500 metres du convoi, mais à cette vitesse il faut bien ca.
Merde ce sont des chars !
Avec nos pauvres bombes de 100kg, si elle n'explosent pas pile sous un blindé c'est foutu. Tant de risques pour ... BOUM! une explosion fait faire un écart à mon avion. Je check droite, je check gauche, rien d'arraché, pas de fuites visibles, ca semble ok. Mes yeux se jettent alors sur les instruments ... pas de baisse de pressions, température moteur ok, les précieux tours/minutes n'ont pas bougés. Pfiou! elle n'est pas passée loin celle la !
Tout à coup j'entends la radio qui hurle "2 a percuté le sol !!!".
Je me retourne et je vois une fumée noire s'élever d'un brasier à quelques mètres du convoi.
Pauvre Razorback. Tué sur le coup par un tir direct de DCA. Il n'a rien pu faire. Ca aurait pu arriver à n'importe lequel d'entre nous. Et dire qu'il n'était pas chaud pour cette mission.
3 et 4 sont toujours derrière moi, et derrière eux, 4 carcasses fumantes de chars. Au moins le sacrifice de notre camarade n'aura pas été vain.
Les explosions autour de moi me tirent de mes pensés. La DCA de la base toute proche se mele à celle du convoi, nous ne sommes pas encore sortis d'affaire.
J'hurle à la radio "ventre à terre à fond de moteur. Que personne ne remonte !".
Peu à peu les explosions se font plus éparses et plus lointaines. Aprés quelques minutes, enfin hors de portée, nous remontons et prenons un cap Est pour regrouper sur les dispositifs de yaks 9 que nous devons retrouver sur Berezovka pour protéger le secteur d'éventuelles attaques de bombardiers.
En arrivant sur zone quelques minutes aprés, les yaks 9 nous informent que les bombardiers ennemis sont déjà passés avec leur escorte. Ils continuent à patrouiller au cas ou. Nous faisons de même. Chaque dispositif à une altitude différente pour augmenter les chances de repérer quelque chose.
Dans notre groupe, chacun de nous espère tomber sur un bandit égaré. Nous n'avons pas encore vu d'avions ennemis. Notre soif de chasse n'est pas satisfaite.
Les minutes passent, l'heure d'autonomie de nos yaks arrive à son terme et nous nous posons sans encombre sur le terrain de Berezovka.
4 chars pour la vie d'un de nos camarades c'est cher payé. Mais ... c'est la guerre.


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 Sujet du message: Re: L'ancien journal de marche ...
MessagePosté: 16 Déc 2008, 11:48 
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Scusez les fautes, j'ai pas eu le temps de me relire...


Le brouillard commençait à peine à se lever et les premiers rayons de soleil d’apparaître lorsque Igor, mon ordonnance, vint me réveiller.
- Camarade Capitaine Borsiansky, le colonel Ivanov vous attend dans son isba pour le briefing!
Igor attendit que je sorte de mon lit et que je lui signifie que j’avais bien compris son ordre pour sortir de ma chambre en refermant le rideau derrière lui.
Quand je dis “ma chambre”, il ne faut pas vous attendre à une chambre normale. Non, ce que j’appelais ma chambre, avec parfois un peu d’ironie, n’était en fait qu’un simple trou creusé dans le sol à une profondeur de 1m50 recouverte d’un toît en bois et mesurant à peine deux mètre sur deux. Au niveau de la porte, un rideau, une petite pente douce rejoignait le sol et me permettait de sortir de ma chambre sans avoir à escalader.
Avant d’enfiler mon uniforme usé, je me suis empressé de vite me laver avec le petit bassin rempli d’eau à côté de mon lit de camp. C’était spartiate mais cela faisait malgré tout beaucoup de bien.

Le colonel avait l’air de ne pas avoir dormi de la nuit. Ce qui n’était pas étonnant vu que le front s’était réveillé hier soir. A voir l’expression de son visage, je comprenais qu’il venait de recevoir des mauvaises nouvelles.
- Alexis, je ne vais pas vous mentir, la situation est grave.
Je le fixais, attendant la suite.
- Les fascisti reprennent l’offensive et nous avons peu d’avions modernes à leur opposer. Partout sur le front, nos hommes se sacrifient pour tenir la ligne. Etant donné que nous sommes une des seules unités dotée de matériel récent, le commandement m’ordonne de nous lancer à corps perdu dans la bataille en n’épargnant ni les machines ni les hommes.
C’était donc cela qui le tracassait. On devait probablement lui avoir ordonné de nous envoyer au casse-pipe dans des missions conçues comme d’habitude à l’encontre du bon sens et contre un ennemi surpuissant. Mais bon, nous comprenions tous qu’il faudrait encore beaucoup de sacrifice pour gagner cette guerre. Mais cela n’en était pas moins difficile à admettre par le colonel qui nous aimait comme ses enfants.
- Camarade Colonel, ne vous en faites pas, vous pouvez compter sur nous.
- Bien, bien, bien… je… enfin, j’espère que tout ira bien.

Il me tendit alors une farde contenant les renseignements et consignes se rapportant à notre mission. Je lu rapidement le contenu. Escorte de bombardiers…
- On y arrivera mon colonel!
- Je n’en doute pas mais essayer de ramener le plus de monde possible…


Je me dirigeais ensuite vers les mécanos. Ils étaient apparement fort occupés sur nos zinc.
Je tapais sur l’épaule de mon mécano.
- Alors Grishka, comment va mon cerceuil ce matin.
Grishka n’aimait pas que j’appelle mon avion comme cela.
- Camarade Capitaine, il est fin prêt et n’a jamais été en aussi bon état!
- Bien, bien. Et les autres?

Le regard de Grishka s’assombrit encore un peu plus.
- Hmmm, ce n’est pas bon, Mon capitaine. On a pas assez de pièces et celles que nous avons ne sont pas de bonne qualité. Vous aurez pas plus de six LaGG pour cette mission. Enfin, en espérant qu’ils décollent. Parce que ça, je ne peux pas vous le guarantir non plus. C’est pas faute d’avoir bossé dessus toute la nuit pourtant…Je regardais autours de moi et je constatais que les mécanos avaient l’air complètement épuisé.
- Je sais Grishka, je sais que vous faites de votre mieux. Et même plus. On fera avec…

Les six LaGG étaient alignés sur la piste avec derrière eux les bombardiers que nous étions chargé d’escorter. Je jetais un oeil derrière moi et inspectais le visage de mon ailier. Un gamin, voilà ce que j’avais comme ailier. Et les autres, c’était pareil. Quel gâchis.
La radio crachotante me tira de mes sombres pensées.
- Capitaine, c’est Vladimir. Mon moteur a des ratés. Il y a des retours de flammes et j’ai de la fumée plein l’habitacle. Je n’y vois rien!
- Vladimir, étains ton moteur. On ira sans toi.
- Bien mon capitaine. Désolé.

Déjà un de moins. Mais au moins celui-là, ce n’était pas à cause de l’ennemi.
Une fois que Vladimir se fut retiré de la piste, je lançais l’ordre de décollage. Nos avions partirent dans un gros nuage de fumée et de poussière.
Quelques instants après avoir décollé, un autre de mes pilotes me contactait et m’anonça qu’il avait des problèmes avec ses volets qui ne voulaient pas re rétracter.
- Bien, retourne te poser!
- Mais capitaine…
- N’insiste pas, Piotr. Tu serais plus un fardeau qu’une aide.

La poisse! Encore un en moins. On partait véritablement au massacre!

Le vol jusqu’à la cible se passa sans encombre. Nous scrutions tous les ciel autours de nous en essayant de repérer des avions à croix noires. Rien, le ciel était vide. Tant mieux.
Le leader de la formation de bombardier nous contacta par radio.
- Nous sommes en vue de l’objectif. Nous commençons notre attaque! Pour la Rodina!!!
- Bien reçu! Bombardez les comme les chiens qu’ils sont!


Pendant les trois, quatres minutes qui suivirent, la radio fut remplie par les appels radio des bombardiers attaquant et revendiquant des destructions. Nous avions beaucoup de chance de ne pas avoir encore rencontré le moindre ennemi. Nos bombardiers faisaient un carnage. Si cela continuait, peut-être pourrions-nous…
- 109 à 9H!!! Dans le soleil!!!!
Et merde, on avait puisé dans le petit sac de chance jusqu’à présent mais il n’y avait plus de jeton.

Le combat s’annonçait périlleux. Un de nos avions se faisait abattre dès le début sur une passe frontale. Je le vis tourbillonner, en flamme, vers le sol. So pilote avit sauté mais nous étions au-dessus des lignes ennemies, on pouvait le considérer comme mort. J’envoyais son ailier protéger les bombardiers au plus près et grâce à lui, plusieurs purent rentrer.
Mon ailier, Josif, et moi, par contre, supportions tout le poids de la chasse ennemie. Un premier se planta dans les six de Josif. Je coupais son virage et, en passant perpendiculairement, lui envoyait une longue rafale qui le fit partir en vrille. A basse altitude, il n’en réchappa pas et s’écrasa.
- Josif, c’est bon, tu est clair.
Mais déjà, un autre se plaçait derrière moi. En quelques manoeuvres, je m’en dégageais. Hélas, un autre 109 s’était mis en chasse de Josif et je me lançais à sa poursuite en lançant des ordres à mon ailier pour qu’il m’amène le 109 en position de tir.
Une rafale l’endommagea et il dégagea. Je le suivi quelques instants et le voyant sauter en parachute, je retournais mon attention vers Josif.
NON!!!
D’autres 109 venaient d’entrer dans la danse sans que nous nous en aperçumes.
L’avion de Josif se désintégra suite à une rafale bien placée de ces nouveaux arrivants.
Il fallait que je dégage de cet enfer le plus rapidement possible. Je faisais virevolter mon avion de tous les côtés pour empêcher un nouveau poursuivant de m’aligner. Tout en faisant cela, je me dirigeais vers nos lignes.
Plusieures fois, je pensais ma dernière heure arrivée mais j’étais décidé à revenir vivant et lançais toutes mes forces dans la bataille dans le seul et unique but de rentrer.
Il me vint alors l’idée de demander à l’ailier qui escortait les bombardier où il se trouvait.
-Leonid, où te trouves-tu? J’ai besoin d’aide!
- Je suis au-dessus du lac en secteur 25!
-Ok, je vais y arriver moi aussi! Essaye de repérer des tirs et attaque mon poursuivant.
-Reçu.

Après quelques instants et quelques rafales ennemies évitées.
- Capitaine, je vous ai en visuel ainsi que votre ennemi! Je l’engage.
En 1 minute, c’était réglé et le 109 parti au tapis.

J’avais survécu à un combat de plus. Les troupes ennemies avaient été durement bombardées et nous avions donné quasiment autant que nous avions reçu.

Le combat continuait et l’espoir de la victoire commençait à se faire voir à l’autre bout du tunnel.

NN_Gryne


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